Affaire AJ Bahboy vs Sa Majesté Music : un contrat de 5 ans qui finit au tribunal
Un conflit contractuel oppose actuellement l’artiste camerounais AJ Bahboy au label Sa Majesté Music. L’affaire porte sur un contrat exclusif de 5 ans, des investissements, et des accusations de non-respect des engagements.
Aftown News a contacté les deux parties pour comprendre la situation : d’abord le label via WhatsApp, puis l’artiste par appel téléphonique. Le dossier devrait désormais se régler devant la justice.
Rappel des faits : le contrat signé en 2023
Le 3 avril 2023, AJ Bahboy signe un contrat exclusif de 5 ans avec Sa Majesté Music, valable jusqu’au 4 avril 2028.
Il s’agissait d’un contrat dit “360”, ce qui signifie que :
- Le label devait investir dans la carrière de l’artiste.
- En retour, le label percevait 50 % des revenus (streams, concerts, merchandising, partenariats, etc.).
- Chaque partie pouvait mettre fin au contrat avec un préavis écrit de 90 jours.
Le contrat ne prévoyait pas :
- Un budget minimum garanti
- La sortie obligatoire d’un album
- Un nombre précis de spectacles
- Des objectifs de performance clairement définis
Le label devait assurer l’enregistrement, la promotion, l’accompagnement en tournée et la gestion du merchandising.
Un avance de 1 000 000 FCFA a été versée à AJ Bahboy après signature.
Les investissements selon le label
Sa Majesté Music affirme avoir financé :
- Des sessions studio
- Les clips Real Life, Work et Everyone Has Their Own Look (feat. André Marie Talla)
- Des séances photos
- Des frais logistiques
- Des aides financières (crédit téléphone et autres besoins liés au travail)
Le label précise que le contrat était basé sur des services professionnels. Il n’était pas prévu de payer le loyer, le train de vie personnel ou d’assurer une prise en charge totale hors cadre professionnel.
La version d’AJ Bahboy
De son côté, AJ Bahboy explique :

- Qu’il n’y avait pas de plan de carrière structuré.
- Qu’il y a eu des périodes d’inactivité.
- Que le label évoquait parfois des difficultés financières.
- Qu’il n’avait pas de manager officiel (la coordination était faite par lui et son frère Darius).
- Qu’il doutait de la capacité d’exécution du label.
Face aux incertitudes et à ses responsabilités familiales, il a décidé de poursuivre ses études à Singapour.
Il reconnaît avoir voyagé sans prévenir le label à l’avance.
Cependant, il affirme que le contrat ne limitait pas sa localisation géographique et qu’il comptait continuer sa carrière même depuis l’étranger.
La position du label
Sa Majesté Music considère que :
- L’artiste a quitté le pays sans notification préalable.
- Ils ont été informés une fois qu’il était déjà à Singapour.
- Son départ a perturbé des activités promotionnelles prévues (médias, tournées, engagements tiers).
- Pendant qu’ils organisaient des démarches pour son passeport, il avait déjà obtenu le sien et préparé son départ.
- Ils avaient même recruté un manager expérimenté, sans savoir qu’il avait déjà quitté le territoire.
Le label estime que ce départ sans concertation constitue un manquement grave au contrat d’exclusivité et de collaboration.
La question financière
Sa Majesté Music affirme ne pas avoir récupéré son investissement et réclame environ 16 millions de FCFA en dommages.
Le point central du conflit repose sur :
- L’interprétation des obligations d’exclusivité
- La disponibilité de l’artiste pour les activités promotionnelles
- La bonne foi contractuelle
- Et la responsabilité dans la rupture de la dynamique de travail
Une affaire qui soulève des questions dans l’industrie
Ce dossier met en lumière les réalités des contrats 360 au Cameroun :
manque de clauses précises, attentes différentes, communication fragile et absence de planification stratégique claire.
Les deux parties maintiennent leurs positions et la justice devra trancher.
Aftown News suivra l’évolution de cette affaire.
